0. Le contrat social

À force d'entendre ce mot sortir de la bouche collectivement pâteuse des essaims de gourous vrombissant qui veulent son bien et finiront par l'avoir, le primate en slip s'interroge : qu'est-ce que le contrat social ?


La question est pertinente et non ambiguë. Il est toujours judicieux d'inspecter le mythe fondateur de la religion dominante.

Le contrat social est une ancienne licorne astrologique popularisée récemment par le célèbre roman du même nom de Jean-Jacques Rousseau.

Le contrat social est tacite, implicite et obligatoire : non écrit, non lu, non signé, le singe en slip lui doit allégeance absolue et automatique de sa naissance à sa mort. Sinon, attention.

Le contrat social est cette "entente" entre toi, viande mobile, et le reste de l'humanité, ou plus pragmatiquement entre toi et le reste du "pays", ou plus réalistement entre toi et l'entité armée intitulée "État" qui s'octroie le monopole de la violence sur la géographie intitulée "pays".


Le contrat social stipule les trois points suivants :
1) L'État te fournit des trucs comme des routes, des écoles, des électrons, des salles d'attente, des polices, des génocides et un tas d'autres produits et services dans le cadre d'un monopole (le sien). Les quantités, qualités et prix sont à l'entière discrétion de l'État. Ce qu'il ne fournit pas directement, il le contrôle.
2) Tu es obligé d'accepter cet arrangement pour toujours.
3) Si tu contreviens au point 2, tu seras rangé dans la catégorie des bandits (i.e. nourri et logé dans une cage en fer aux frais des primates qui n'ont pas contrevenu au point 2).

 

Le contrat social est équivalent au contrat suivant que te proposerait ton épicier :
1) L'épicier te fournit nourriture, produits ménagers, sous-vêtements, chansons rigolotes, en exclusivité totale. L'épicier décrète unilatéralement la composition, la qualité, la quantité et le prix de ces biens et services.
2) Tu es obligé de te fournir chez l'épicier pour toujours, sans jamais pouvoir récuser ce contrat. Ce qu'il ne te fournit pas, il t'oblige à l'obtenir selon des conditions édictées exclusivement par lui auprès d'autres fournisseurs, agréés par ses soins exclusifs.
3) Si tu enfreins ces obligations, les sbires du services d'ordre de l'épicier passeront chez toi récupérer des sommes d'argent arbitraires. Éventuellement, les sbires te kidnapperont dans une cage en fer pour t'apprendre à vivre et montrer l'exemple aux autres singes. Si tu résistes, les sbires te frapperont, et si tu réponds, ils te tueront.

Même muni d'un très petit slip, aucun singe ne signerait un tel contrat.


Oui mais on peut voter ! clame le singe nudiste. Je suis le gouvernement ! répète-t-il avec l'enthousiasme du début d'ébriété causée par une giration virulente les bras tendus. Chiche ! Alors vas-y, gouverne ! lui répond l'écho.
Ainsi ce codicille gratuit et pratique en cas de démocratie :
3a) Tous les quatre ou cinq ans, tu pourras indiquer sur un papier qui devrait occuper certains postes à responsabilité chez l'épicier.


Le singe en slip en est là de sa computation intérieure, soupesant le contre et le contre de ce contrat social mythique, lorsqu'un être aviné s'approche pour lui expliquer d'une haleine tiède que
SI TU N'ES PAS CONTENT, TU PEUX T'EN ALLER !
Dans le langage des experts sachant, cela se traduit en VOTER AVEC SES PIEDS. Et ainsi, les exactions de l'épicier monopolistique sont magiquement justifiées : il est parfaitement éthique de sa part d'imposer à coups de bâtons le contrat social, tacite, implicite et obligatoire, simplement car le singe peut s'en aller ailleurs, en dehors de la zone d'application dudit "contrat".
Mais oui !
De la même manière, le singe qui se fait attaquer dans la rue ou cambrioler chez lui reçoit cette réponse de la part de la police qu'il appelle à la rescousse : "Si tu n'es pas content, tu peux t'en aller", et puis la police raccroche son téléphone. Car c'est vrai, ce singe peut aller ailleurs, dans un endroit où le cambrioleur ne le volera pas. Donc l'activité du cambrioleur est justifiée.
"Mais c'est pas pareeeeeeeeil car personne n'a voté pour le cambrioleur !" rétorque la personne avinée.
Le singe cherche à comprendre plus précisément : si le cambrioleur est élu pour cambrioler, cela rend-il son activité éthique ?
Oui ! vocifère la personne avinée et irritée que l'on discute sa religion de votation. Et de se reposer le neurone en finissant son pichet.
Car au royaume merveilleux des urnes et des rivières de miel à licornes, tout est si simple !

C'est donc limpide :

Aucun tribunal, aucun médiateur ne validerait un "contrat" implicite, tacite et obligatoire, unilatéralement modifiable par une seule des parties, imposé à coup de bâtons, dont la seule esquive est de s'en soustraire géographiquement.

Le contrat social est nul et non avenu.

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Ah mais un citoyen, ça vote ou ça ferme sa gueule !

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